Interview : Philippe Macquart et Ludivine Menez, délégué général et déléguée technique UFME
#Marchés Publié le 25 février 2026 par L'Echo de la Baie
En ce début d’année, Philippe Macquart et Ludivine Menez reviennent sur les points clés de l’action du syndicat professionnel face aux enjeux rencontrés par la filière.
Conjoncture
« Par rapport à 2024 qui avait déjà marqué un retrait, la production de menuiseries a fortement chuté en 2025 et l’on est revenu à des niveaux historiquement bas. Sans disposer encore de chiffres représentatifs au plan national, d’après les échanges avec les adhérents et notre baromètre UFME, on peut estimer l’ordre de grandeur du recul à au moins 10% au global. Les causes en sont connues : l’écroulement du marché du neuf, les tergiversations des politiques gouvernementales… La rénovation est aussi impactée.
Tous les matériaux sont impactés. L’aluminium l’est davantage – autour de moins 12/13%. Les particuliers dotés d’un budget suffisant pour procéder au changement de leurs fenêtres se reportent sur d’autres matériaux avec des performances équivalentes comme le PVC, qui recule autour de 7/10%, ou le bois. »
Refondation de la REP PMCB
« Parmi les dossiers qui nous mobilisent figure celui de la refondation de la REP PMCB, avec son lot d’incertitudes.
Bien avant la REP, la stratégie filière environnementale s’est appuyée fortement sur le recyclage en boucle fermée des déchets de la menuiserie, autour de la démarche Fervam et sa charte d’engagement. La REP a accéléré les choses. De gros investissements ont été engagés dans l’industrialisation du recyclage, que ce soit au niveau des industriels de la fenêtre, de leurs fournisseurs, mais aussi en aval. Cela prend du temps. Ce serait une catastrophe si tout ceci était balayé du revers de la main.
Par ailleurs, nous avons travaillé en 2025 avec les éco-organismes pour que tous les signataires Fervam soient aussi bien visibles dans leurs outils. »
La RE2020 et sa suite
« Le rapport Rivaton a récemment mis en évidence la nécessité d’adapter les seuils initiaux pour relancer la construction dans le neuf.
De fait, lors de l’édition de la RE2020, très peu de bâtiments avaient fait l’objet de l’expérimentation E+C-. Il y avait relativement peu de données environnementales spécifiques, tous les seuils ont été élaborés sur la base de l’existant. Entretemps, tout ceci s’est enrichi, les méthodes de calcul ont changé, avec une nouvelle version de la norme européenne à laquelle toutes les nouvelles FDES doivent se conformer aujourd’hui, qui alourdit les indicateurs environnementaux. Sans compter la prochaine bascule en RPC à l’échéance 2029/2030 qui va également embarquer les performances environnementales avec un risque de pénalisation supplémentaire des impacts déclarés, ce qui mobilise fortement l’UFME pour les trois prochaines années.
On peut espérer que le rapport Rivaton va être entendu pour aller dans le sens de l’évolution des méthodes et des seuils réglementaires à laquelle travaille l’UFME depuis des années. L’enjeu est de faire en sorte que la fenêtre continue de jouer son rôle d’amélioration de la performance énergétique et de la performance environnementale globale des bâtiments, tout en mettant davantage en avant le confort et la santé des occupants, lié notamment au renouvellement de l’air et l’accès à la lumière naturelle. »
Cet article est un extrait du dossier Fenêtres de L’Echo de la baie n°169, de février / mars 2026. Pour lire le dossier en intégralité, vous pouvez vous abonner ou acheter à l’unité ce numéro ici : https://www.lechodelabaie.fr/abonnements/
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